CURIO
L'ouvroir d'anthropologie potentielle
Entretien, novembre 2017
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L’ethnographie comme pratique conviviale et indisciplinaire

Entretien avec l’anthropologue et dramaturge Bernard Müller

Par Annabelle Boissier

Cet entretien a été initialement publié en anglais dans « arts cabinet- art & enquiry », le 7 novembre 2017 (https://www.artscabinet.org/repository/fieldwork-as-a-convivial-and-undisciplinary-practice?rq=Bernard)

Bernard Müller est un chercheur formé à l’anthropologie et dramaturge. Sur son premier « terrain », l’homme de théâtre Makinde Adeniran l’incite à délaisser son costume d’anthropologue et sa scientificité supposée pour devenir le dramaturge de la pièce qu’il pensait étudier. Depuis la jonction entre la pratique de la recherche et la pratique de l’art est sans cesse mise à l’épreuve. Il restitue pour Arts Cabinet la richesse et les principaux tournants de cette pratique hors cadre.

Annabelle : de quelle anthropologie te réclames-tu ?

Je m’inscris aujourd’hui dans un mouvement relativement marginal en anthropologie que je qualifierais volontiers d’indisciplinaire, car il se situe au point de jonction désordonné de plusieurs disciplines, entre art et science : anthropologie, arts plastiques, performance studies et études théâtrales et bien sûr littérature. L’idée est de favoriser les démarches artistiques qui puisent dans la boite à outils des sciences humaines (en particulier de l’ethnographie) autant que les projets scientifiques qui assument aussi une dimension artistique (qu’elle soit littéraire, poétique ou de l’ordre de la performance).  Par performance nous désignons une variété de processus de mise en scène qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre, d’une performance en arts plastiques ou de toute autre forme relevant d’une mise en scène : interventions, théâtre d’objets, parcours, mise en action, installations/médiations muséales, explorations urbaines, déambulations psychogéographiques, réalisations de films, chorégraphies, créations musicales etc.

Il s’agit d’envisager la recherche en sciences humaines comme exploration artistique, et en particulier de faire de la performance le véhicule de la recherche. Cela consiste à générer des situations artistiques pour provoquer l’émergence d’une forme de connaissance. Ce savoir est fondamentalement d’ordre social, car le social c’est aussi ce qui intéresse beaucoup d’artistes, pas tous, mais quantité de créations procèdent de l’observation quasi ethnographique, une observation qui s’inscrit elle-même dans l’action dans laquelle elle se déroule. C’est évident dans le théâtre, comme dans nombre de performances comme les actions du groupe Fluxus ou l’idée de « sculpture sociale » proposée par l’artiste Joseph Beuys[1] par exemple. Le classique terrain de l’ethnologue devient une contrainte créative, un peu comme un exercice des pataphysiciens[2] ou des oulipiens[3]. Du fait de cette curiosité pour le social, je continue à me présenter comme anthropologue, même si certains anthropologues ne me considèrent pas forcément comme l’un des leurs. Cela dit, la discipline est assez généreuse pour accepter en son sein des approches très différentes. Oui, je pense que j’ai toujours envisagé l’enquête ethnologique comme un exercice littéraire, puis théâtral et enfin artistique. J’étais impressionné par les textes de Lévi-Strauss de par leur aspect formel, leur style si tu préfères. Vu de là, beaucoup de textes ethnographiques sont proprement fantastiques ! Par contre, je n’ai jamais adhéré à ses méthodes de collecte de données. Cela me mettait mal à l’aise. J’explique tout cela dans l’ouvrage tiré de ma thèse « la tradition remise en jeu » (Ed. Aux-Lieux-d’Être, 2006). C’est au cours de séjours répétés au Nigeria pour mes recherches de thèse entre 1995 et 2000 que je vais opérer un revirement méthodologique radical, qui va me placer hors-orbite. Cela s’est passé le jour où je suis devenu le dramaturge de mon « informateur » (c’est ainsi que j’avais appris dans mes cours de méthodologie d’enquête à nommer mon interlocuteur, terme que j’abhorrerais dorénavant), sur le spectacle que j’avais entrepris d’étudier dans le cadre de mon terrain de thèse et dont il était le metteur en scène. Littéralement happé par mon objet, il ne me fut dès lors plus possible de revenir en arrière. Heureusement, les manières de poursuivre le projet anthropologie hors des sentiers académiques telles qu’ils offrent en promenade aujourd’hui (et rien ne dit que cette rigidité va durer) se multiplient, soit dans ses interstices mêmes, soit carrément dehors, mais par forcément en opposition frontale, comme je l’expliquais.

Annabelle : Peux-tu donner des exemples ?

Bernard : Oui, l’un de mes terrains consiste par exemple à saisir au sud du Togo les ressorts d’une forme de renaissance culturelle dite brésilienne par le biais d’une production théâtrale.

Ce projet associe la création d’une pièce de théâtre à une enquête ethnographique. Lancé à Lomé (Togo) en 2011 en collaboration avec l’ « Azé Kokovivina Concert Band », une compagnie de « concert party », un genre de théâtre populaire proche du cabaret,  cette expérimentation de type ethnodramaturgique (Fabian) tente simultanément de rendre compte de l’émergence d’un nouveau mouvement culturel, celui des afro-brésiliens des régions maritimes du golfe de Guinée, en Afrique de l’Ouest.

Dans un autre registre, le projet du « déterrement du tableau-piège » propose aussi de faire d’une action artistique réalisée en 1983 par Daniel Spoerri le levier d’une enquête d’un monde de l’art. Il s’agit toujours de jouer avec les formes, de les faire « déborder »… Par forme, j’entends les limites que se donnent les disciplines, en opposant par exemple art et science… je propose de faire circuler les méthodes et les préoccupations des uns et des autres, dans un souci d’expérimentation, « pour voir ». C’est l’expérience qui m’invite à cela, pas un principe préexistant. J’ai l’impression que le réel n’est pas canalisable et que la fonction de l’anthropologie ne devrait pas être de réduire le monde, mais plutôt de le complexifier et de le rendre accessible depuis plusieurs perspectives. Les comportements humains ne sont pas univoques, il me semble. La place du chercheur n’est pas évidente à définir, un pied dedans, un pied dehors. Dans le dernier exemple, il m’est difficile d’affirmer avec certitude que je ne participe pas à l’œuvre (puisqu’une fouille archéologique avait été initialement prévue par l’artiste). Dans l’exemple du projet Zomayi au Togo, la description ethnographique rejoint le texte dramaturgique (je veux dire ici ce que Brecht appelle le texte de représentation, celui qui décrit les actions scéniques). Ma pierre philosophale consiste à essayer de ranger la description ethnographique au rang d’un exercice de style relevant d’un art qui s’envisage comme science. J’ assume entièrement l’aspect aporetique de cette posture méthodologique, mais ce n’est pas parceque c’est impossible que ce n’est pas intéressant, et « heuristique » en termes anthropologiques.

Quels problèmes rencontres-tu ?

Du fait de sa nature décloisonnée et transdisciplinaire, et en raison de son épistémè flottant (est-ce de la science ou est-ce de l’art, les deux à la fois ou ni l’un ni l’autre ?),  la démarche proposée se trouve logiquement « coincée » entre des institutions à la fois artistiques et scientifiques, et ne peut véritablement s’inscrire dans aucun cursus. Vous imaginez bien que cette confusion des genres pose un problème de classification car elle me place non seulement dans une sorte d’angle mort disciplinaire, mais aussi dans une friche institutionnelle, en dehors des radars des critères d’éligibilité. L’avantage est que cela oblige à inventer de nouveaux modes d’organisation des projets, qu’il s’agisse des financements, mais aussi de leur « gouvernance » de manière générale. En touchant à l’épistémé on modifie l’ensemble des relations et conditions liées à la production de la connaissance, dont le statut change précisément en même que les conditions dans laquelle elle est produire. C’est un peu abstrait dit comme ça, mais c’est très logique : Il faut relire Bruno Latour d’un œil et Jean-François Lyotard de l’autre. Cela explique sans doute que les projets mettent du temps, qu’ils se mettent en veilleuse, puis repartent. Parfois, ils s’endorment complètement, au gré des possibilités et de l’énergie que l’on est prêt à y mettre. Dans ce souci d’invention, et dans l’idée de fédérer les artistes et chercheurs partageant les mêmes idées, j’ai crée le « groupe de recherche sur et par la performance », porté par l’association CURIO (www.curioweb.org) .

Annabelle : Si tu ne participes pas de l’institution telle qu’elle est aujourd’hui, peut-on alors dire que tu es « indépendant » ? De même que l’on peut dire qu’un commissaire d’exposition n’est pas nécessairement affilié avec une institution spécifique. Est-ce une voix possible pour la recherche à l’avenir ?

Oui et non. C’est un point très important qui prête à malentendu. Je le dis donc ici encore très clairement : Je suis pour le maximum de collaboration avec l’institution, mais à jeu égal, c’est-à-dire sans être obligé de déformer mon propos pour rentrer dans le moule. En effet, je considère que la démarche expérimentale, bricolée ou « décalée » comme tu dis devrait avoir sa pleine place dans l’ « institution », dans l’université ou l’académie. En fait c’est ça mon combat. Si actuellement cette approche est bien entendue (nous ne sommes vraiment pas seul, et il n’y aucune conspiration), elle ne parvient néanmoins pas à s’installer. Il y a plein de raisons à cela, et cela tient en grande partie à l’organisation de l’académie en disciplines. Il y a aussi des exemples positifs, des success stories, comme l’aventure des Performance Studies que Richard Schechner a réussi à développer à partir d’une impulsion très libre au départ. C’est un modèle pour moi, aussi du point de vue de la stratégie, même si l’époque n’est pas la même.

Je pense que le type de projet que je mène a toute sa place dans l’académie, ou devrait l’avoir, il n’y a pas de raison. Par contre, il faut bien admettre que l’époque n’est pas tout à fait favorable à ce type d’expérimentations.  L’institution semble actuellement plus préoccupée par sa propre reproduction et de la façon la plus efficace possible que par sa remise en question critique, aussi constructive soit-elle. Au cours de cette période, sans doute sous l’effet de rouleau compresseur de la rationalisation bureaucratique, les idées sont devenues des données et les enseignants des distributeurs de critères d’éligibilité. Cela est bien sûr top caricatural pour ne pas être excessif, mais l’ambiance a changé et hormis des sortes de « zones à défendre » les universités tendent depuis à devenir des usines, ou l’excellence désigne ce que dans une entreprise on appellerait la productivité…

Mais là aussi, le mode de fonctionnement est à inventer aussi. Je répète : je ne suis pas du tout fâché, ni frustré de l’université, et j’y trouve beaucoup de soutiens et j’ai une grande admiration pour beaucoup de chercheurs, mais l’époque est un peu bizarre. Reste donc des repaires de curieux, niches d’indisciplinés, hétérotopies de toutes sortes, plus nombreux et plus épanouis qu’on ne l’imagine. Des ilots de doute continuent heureusement à s’assumer sans mauvaise conscience.

Même si certaines rigidités conservatrices m’agacent et me freinent indubitablement. Il est nécessaire de se battre, et la partie est loin d’être perdue. Je ne suis d’ailleurs pas le seul ; quantité d’étudiants mais aussi de nombreux chercheurs confirmés ont des démarches similaires, et regrettent parfois que cela ne soit pas mieux représenté dans l’université.

Annabelle : Comment t’es venue l’idée de devenir anthropologue ?

Bernard : Aussi loin que je souvienne, mon envie d’anthropologie est né d’un sentiment de brute curiosité et de désir de comprendre la vie, l’homme, etc.. « il y a un mystère » comme le dit Edgar Morin … .  Il y avait d’abord une nécessité, cette nécessité était la curiosité.

Aussi naïf et pompeux que cela puisse paraître, j’avais tout simplement pris le mot « anthropologie » à la lettre. Avec le temps, je réalise aujourd’hui que l’image romancée et romantique que je m’en faisais était plus proche d’un Borges que de Lévi-Strauss, dans la mesure où je n’y voyais pas une science mais plutôt un genre propre, c’est-à-dire une sorte de spéculation, figure libre, qui avait cela de particulier qu’elle

s’était choisie le « terrain » comme espace de jeu. Je lisais beaucoup d’essais, mais aussi de la littérature, notamment Borges, Perec, Calvino, mais aussi Brecht que je voyais aussi tous comme des sortes d’ethnologues.  Je lisais aussi beaucoup de théâtre dans le cadre de mes activités de dramaturges. Au cours des 30 dernières années, le chercheur n’a cessé de croiser le dramaturge et j’ai toujours assisté des compagnies de théâtre, occupant en particulier le rôle du dramaturge au sens où l’entend Brecht de « conseiller scientifique » (sic). Il est évident que la fréquentation de Shakespeare, mais aussi Jarry, Marivaux ou de Wole Soyinka rend assez évidente la proximité théâtre/ethnologie, tous deux préoccupés de comprendre puis de restituer des comportements et des situations sociales.

Ce qui m’a marqué chez certains anthropologues était leur liberté de penser, et la manière dont les idées qu’ils énonçaient dans la confrontation à d’autres logiques de pensée et leur condition d’énonciation, me permettaient d’ouvrir de nouvelles perspectives et de voir du coup ma propre vie et surtout la société dans laquelle je vis sous une perspective nouvelle, plus complexe mais plus riche. Je pense qu’une idée peut changer la vie, en ouvrant un possible. Je fais partie des gens qui croient à la force des mots, prononcés ou écrits, là où l’énergie poétique rejoint l’élan politique. De là où je partais, le terrain de l’ethnologue ne pouvait se résumer à un dispositif à produire des données, en fonction des priorités disciplinaires du moment, mais relevait d’une forme de vie comme quand Deleuze dit : « L’existence non pas comme sujet, mais comme œuvre d’art, et ce dernier stade, c’est la pensée-artiste. »[5]

Annabelle : Ce type de démarche est-elle nouvelle ?

 

Non, mais un peu oublié. Cette démarche s’inscrit dans une tradition didactique très ancienne, pas très éloignée des méthodes pédagogiques alternatives développées dès le début du 20ième siècle, mais appliquées aux sciences humaines et plutôt aux adultes. On pense à Maria Montessori, Augustin Freinet, Alexander Sutherland Neill et à leur développements dans les sciences sociales et les arts, comme cela fut expérimenté entre autres au Black Mountain College (foundé en Caroline du Nord en 1933) par: John Andrew Rice, Theodore Dreier, Frederick Georgia, et Ralph Lounsbury, autour de la pensée de John Dewey’s (1859 – 1952). Cette tradition quelque peu libertaire et qui voit dans la recherche un outil d’émancipation qui résulte d’une interaction collective (et pas seulement de l’enrichissement intellectuel individuel) , et non d’une machine à produire de la donnée sur le modèle industriel. Il s’agit de mettre en lumière dans l’expérience de la recherche une dimension qualitative, éthique, qui ne fonctionne que si la démarche est partagée. Que pourrait bien être aujourd’hui une méthode de recherche égalitaire en anthropologie sociale ? Quand il s’agit de l’étude d’une pratique artistique, comment ne pas transposer sur le terrain l’inégalité des rapports de pouvoirs, la sélectivité des critères du marché ou la normalisation induite par les injonctions administratives ? Dans un moment académique qui n’accorde que peu de valeur heuristique à l’expérimentation dans les sciences humaines et sociales, la priorité étant donnée à la production de données évaluables, un tel projet est-il possible, réaliste, souhaitable ? C’est le principe collaboratif qui déclenche une suite de réactions revisitant chacune des étapes de la construction de l’objet… Il s’agit au fond d’une forme d’écologie politique comme envisagé par André Gorz (Écologie et politique (Galilée, 1975, éd. augmentée Le Seuil « Points », 1978, qui ajoute le texte « Écologie et Liberté » paru en 1977), appliquée à l’anthropologie. Lui-même s’inspirant d’Ivan Illich (Ivan Illich, La convivialité, Paris, Seuil, 1973).

A vrai dire, tout cela me paraît d’une actualité brûlante.

Annabelle : Quel est le projet sur lequel tu travailles aujourd’hui ?  

Oui, à propos actualité, je voudrais vous inviter à participer à « La clairière », un atelier-séminaire volant dans lequel il s’agit de concevoir une action qui fasse écho à la très stimulante expérience de l’université expérimentale de Vincennes (1968 / 1986). Cet atelier propose d’engager une réflexion critique autour d’un mode de recherche en sciences sociales et humaines qui procède par la création artistique, et notamment par le spectacle ou la performance. On s’intéressera autant aux projets artistiques qui puisent dans la boite à outils de l’ethnographie qu’aux projets scientifiques qui assument aussi une dimension artistique (qu’elle soit littéraire, poétique ou relevant des arts plastique).

Quel que soit le degré de ce rapprochement, ces démarches ont en commun de fondre les processus artistiques et scientifiques au cours de la construction de leur objet. Ces méthodes ouvrent un nouvel horizon en rendant intelligibles des faits de sociétés autrement inaccessibles, dans un esprit collaboratif et en suggérant des modes de restitution inédits.

Dans cette zone de chevauchement de plusieurs disciplines (principalement : anthropologie, performance studies, ethnoscénologie, arts plastiques/performance et études théâtrales), on explorera les possibilités de la recherche-création dont les méthodes seront envisagées comme autant de leviers sur des terrains conçus comme expérimentaux.

Le fil rouge de l’atelier de cette année sera la création d’un spectacle, performance ou évocation qui fasse écho à l’expérience de l’université de Vincennes, à l’occasion du 30ième anniversaire de sa fermeture. Cette action se propose de remettre au jour l’histoire de ce projet exceptionnel, par la radicalité des principes qu’il revendiquait et l’utopie de la vision de la société qui l’animait, dans une dynamique qui reste aujourd’hui étrangement difficile à oublier. Les séances théoriques alterneront avec des interventions d’acteurs, témoins ou détracteurs de la micro-utopie de Vincennes et des ateliers pratiques préparant le spectacle présenté en début d’été 2018.

V

ous trouverez plus d’informations sur le site www.curioweb.org

Paris et Dresde, aout 2017

[1] Voir à ce propos : Bernard Müller, Le terrain comme théâtre anthropologique, Communications, N°91, janvier 2013, suite à conférence à un colloque EHESS/INHA/ Paris X, le 29 mai 2012

[2] Le Collège de ‘Pataphysique est une « société de recherches savantes et inutiles » qui promeut la ‘Pataphysique.

[3] L’OuLiPo,  » Ouvroir de littérature potentielle « , est un groupe de recherche en littérature expérimentale fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais (1901-1984).

[4]Edgar Morin, Connaissance/Ignorance/mystère, Fayard, 2017

[5] Gilles Deleuze, « La vie comme œuvre d’art », 1986 (repris dans Pourparlers).

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